Ces images ne capturent pas un instant, mais la durée elle-même. En ralentissant le cours du temps par la technique photographique, j’ai cherché à rendre visible une dichotomie fondamentale : la tension entre la permanence de la matière et la fluidité de l’eau, de l’existence.
Ce contraste invite à une réflexion sur notre propre perception. Dans mes images si l’eau coule, elle ne passe pas ; elle est. Et si le rocher semble figé, il est en réalité en perpétuelle transformation, minuscule à l’échelle humaine mais constante à l’échelle du monde. Ces photographies sont un miroir : elles nous invitent à observer la relativité du temps, non pas comme une mesure objective, mais comme une expérience subjective, où le passé, le présent et l’avenir se rencontrent dans le sillage d’un courant.
En regardant ces flux, nous sommes invités à accepter que le temps ne s’écoule pas, mais qu’il est traversé. Comme l’eau, nous sommes à la fois le rocher et le courant, la mémoire et l’instant.